Genèse 32,23-33 La lutte de Jacob

Livre de la Genèse, chapitre 32, versets 23 à 33, le texte

Commentaire en vue de la prédication – Trauma et crise de vie, quand l’homme devient lui-même

Devant les combats ultimes nous sommes toujours seuls. Quand je parle de l’ultime, surgit évidemment la mort (ou Dieu). Qu’est-ce qui meurt en et pour Jacob ? Lui-même ? Le talonneur (celui qui est derrière, – derrière son frère, sa mère, son oncle -, qui a jusqu’à ce moment fuit le combat) ? D’où le changement de nom (v. 29), donc changement d’identité. Alors, quand changement profond, bouleversement d’identité il y a, « crise d’identité », trauma, nous devrions nous poser la question du nom, du nom à donner à ce que et ce qui nous sommes encore ou de nouveau. « Le passage du Yabboq » (TOB) est un passage d’identité, une « résurrection ». Par la suite, Jacob retrouve la paix, d’une manière très sobre et limpide, avec son frère Esaü, comme rien n’avait été à l’origine du drame. Puis il y aura « installation » de Dieu (33,18-20), très banale celle-ci aussi ; installation dans le pays, installation de Dieu. Cependant, celui « qui aura lutté avec Dieu et avec les hommes et qui l’aura emporté », ne trouvera pas la paix : « Dina, la fille que Léa avait donné à Jacob », la fille de Jacob, LA fille (?!), sera violée ; violences et vengeances se succéderont.

Livre de la Genèse, chapitre 32, versets 23 à 33, le texte

“23 Cette même nuit, il se leva, prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et il passa le gué du Yabboq. 24 Il les prit et leur fit passer le torrent, puis il fit passer ce qui lui appartenait, 25 et Jacob resta seul. Un homme se roula avec lui dans la poussière jusqu’au lever de l’aurore. 26 Il vit qu’il ne pouvait l’emporter sur lui, il heurta Jacob à la courbe du fémur qui se déboîta alors qu’il roulait avec lui dans la poussière. 27 Il lui dit : « Laisse-moi car l’aurore s’est levée. » — « Je ne te laisserai pas, répondit-il, que tu ne m’aies béni. » 28 Il lui dit : « Quel est ton nom ? » — Jacob, répondit-il. 29 Il reprit : « On ne t’appellera plus Jacob, mais Israël, car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes et tu l’as emporté. » 30 Jacob lui demanda : « De grâce, indique-moi ton nom. » — « Et pourquoi, dit-il, me demandes-tu mon nom ? » Là-même, il le bénit. 31 Jacob appela ce lieu Peniel-c’est-à-dire Face-de-Dieu-car « j’ai vu Dieu face à face et ma vie a été sauve ». 32 Le soleil se levait quand il passa Penouël. Il boitait de la hanche. 33 C’est pourquoi les fils d’Israël ne mangent pas le muscle de la cuisse qui est à la courbe du fémur, aujourd’hui encore. Il avait en effet heurté Jacob à la courbe du fémur, au muscle de la cuisse.” (Genèse 32,23-33 TOB Traduction oecuménique de la Bible)