Romains 6,1-14

Romains 6,1-14 (lettre de Paul) ; le texte (TOB)

« Paul développe une mystique du Christ plutôt qu’une mystique de Dieu. … c’est en lui, avec lui, par lui … que les croyants sont réconciliés et installés en nouveauté de vie. ‘Mes petits enfants, dit Paul aux Galates, que dans la douleur j’enfante à nouveau, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous’ (4,19). Le devenir du Christ dans les chrétiens galates, pour qui l’apôtre peine, ne se concrétisera pas par la naissance de Dieu dans leur âme, mais par un refus de revenir sous la Loi et une fidélité à la foi expérimentée en Christ. Et c’est en Rm 6,1-14 que sont exposés le plus clairement les conséquences éthiques de cette maturation du Christ chez les croyants : le baptême inscrit les chrétiens sur un scénario mort/résurrection, dont Paul établit soigneusement l’asymétrie ; la mort au péché marque le passé (6,3.4a.5a.6-7), mais la dynamique de la vie nouvelle, qui se vérifie dans le présent par la fidélité à la justice (6,4b.12-14), ne s’achèvera que dans le futur de la résurrection (6,5b.8). La mystique du Christ ouvre donc la vie croyante à un achèvement qui est encore à venir.

Cette dimension eschatologique de l’être-en-Christ est particulièrement développée … dans la correspondance corinthienne. En 2 Co, Paul interprète le face-à-face de l’apôtre et de la communauté à l’aide d’une mystique de la souffrance. ‘Sans cesse nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps’ (4,10). » (Daniel Marguerat, L’aube du christianisme ; Labor et Fides, Genève 2008, p. 175)

La finalité de toute intelligence est la création.

La finalité de tout désir est l’amour.

La finalité de toute loi est l’épanouissement de l’autre.

La finalité de moi-même est la réalisation de l’autre en moi-même.

La conversion de Paul (Christophe Senft)

Christophe Senft, Jésus de Nazareth et Paul de Tarse, Labor et Fides, Genève 1985, p. 63ss

Deux sources d’information : les lettres de Paul et le livre des Actes.

Luc dispose-t-il d’un carnet de route de Paul ou d’un de ses compagnons ?

Luc a lui-même composé les discours de ses héros.

La conversion de Paul nous mène au centre de sa théologie (Ac 9).

Ce qui est en cause dans l’événement, c’est le coeur même du judaïsme : la loi de Moïse et la question de la justice de l’homme devant Dieu.

Paul le pharisien,

avant sa conversion : image d’un Jésus transgresseur de la la Loi et séducteur des foules

après sa conversion : il a constamment mis la mort de Jésus en relation avec le problème … du rôle de la Loi … L’idée traditionnelle de la mort expiatoire … cesse chez lui d’occuper le premier plan.

Un changement radical dans la manière de comprendre la Loi.

Galates / Philippiens 3

Paul est allé au bout du judaïsme et constate … que se fut une réussite complète.

Pourquoi alors une conversion ?

La réussite parfaite de son effort l’a en fait coupé de Dieu (Philippiens 3,7-9).

Une transformation radicale de la perspective.

Paul a compris que l’homme ne vit ni de ce qu’il est … ni de ce qu’il fait : pratique irréprochable de la Loi, mais de ce que Dieu donne.

Paul a reconnu que sa perfection religieuse le séparait de Dieu.

Jésus, pour le pharisien Paul, était le transgresseur frappé à juste titre au nom de la Loi et par la Loi ; il est maintenant pour lui le Christ qui lui dévoile la perversité de sa perfection, qui l’a libéré de la Loi qui engendre inévitablement cette perfection pervertie. Il lui a donné la vraie connaissance de Dieu : Dieu de l’amour inconditionnel et gratuit.