La vie, Dieu, l’amour et la prière (Armin Kressmann)

Qui ne dit pas, en une situation ou en une autre : « mon Dieu », « salut » ou « adieu » ? A chaque fois, c’est une prière, une parole qu’on adresse à une instance qui nous dépasse. Pour celui ou celle qui veut respecter la dignité de l’autre, tel qu’il soit, c’est-à-dire la personnalité de tout être humain, cette instance ultime qui nous dépasse ne peut être qu’une personne. La foi chrétienne, avec d’autres religions, parle de « Dieu » ; et quand ce « Dieu » devient réalité, sensible, réalité, elle parle d’amour.

« Dieu est amour », dit la Bible. Cette équation, parce que c’est une équation, devrait donner à réfléchir, à tout un chacun, qu’il soit croyant ou non.

« Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour. » (première lettre de Jean, chapitre 4, verset 8)

Le reste n’est que déclinaison de l’amour, de l’œuvre d’amour dans le monde et dans la vie avec toutes leurs contradictions et contestations de la force qu’offre l’amour.

Si nous lisions la bible de cette façon-là, croyants et non-croyants ?

Et si nous lisions notre relation à l’autre, quel qu’il soit, à travers la réalité de l’amour ?

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. C’est moi le Seigneur. » (livre du Lévitique, chapitre 19, verset 18)

Quand je n’y arrive pas je prie, et quand j’y arrive, ma vie est prière.

Et celui qui, selon la Bible, y est arrivé, s’appelle Jésus Christ.

Armin Kressmann 2015

Dimanche de la Réformation

Dimanche de la Réformation :

« La diffusion de la Dispute de Martin Luther sur la puissance des indulgences (titre latin Disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum), plus connue comme les Quatre-vingt-quinze thèses, a déclenché la Réforme en Allemagne. Le document aurait été placardé à la porte de l’église de Wittemberg (aujourd’hui en Saxe-Anhalt) le 31 octobre 1517. Si l’authenticité du document n’est pas contestée, la réalité de l’événement lui-même fait aujourd’hui l’objet de débat parmi les historiens. La date n’a pas été choisie au hasard, le 31 octobre était la veille de la Toussaint ; le vaste public devant venir le lendemain pour adorer les reliques et diminuer son temps passé au Purgatoire était pour Luther la garantie d’une diffusion maximale de ses idées. » (wikipédia)

« Par amour pour la vérité et dans le but de la préciser, les thèses suivantes seront soutenues à Wittemberg, sous la présidence du Révérend Père Martin LUTHER, ermite augustin, maître des Arts, docteur et lecteur de la Sainte Théologie. Celui-ci prie ceux qui, étant absents, ne pourraient discuter avec lui, de vouloir bien le faire par lettres. Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Thèses :

1. En disant : Faites pénitence, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ a voulu que la vie entière des fidèles fût une pénitence.  … »

Et voici les cinq principes ou fondamentaux du protestantisme en matière de salut et de paix, ou de justification devant Dieu :

  • Par l’Écriture seule, l’étude et le partage de la bible, verbe ou parole censés devenir Parole de Dieu incarnée
  • Par la foi seule, la confiance en Dieu et son œuvre en Jésus Christ
  • Par la grâce seule, l’amour et la miséricorde de Dieu, pleinement offerts et accordés à tout homme, une fois pour toutes, en Jésus Christ ; aux hommes de l’accueillir, comme un cadeau
  • Donc : par le Christ seul, sa croix et sa résurrection, tout est donné
  • A Dieu seul la gloire, et l’humilité dans le service aux hommes, à l’image du Christ, comme réponse humaine

Armin Kressmann 2014

Tu aimeras l’autre dans son altérité. C’est ainsi que tu aimeras toi-même.

Texte repris d’ethikos.ch

Tu aimeras l’autre dans son altérité.

Il n’est pas seulement différent, il est autre ; autre que différent.

Tu l’aimeras de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force.

Tu le feras de toute ta personne, de ton âme et de ta pensée.

Tu feras tout pour pénétrer son être.

Cependant, celui-ci en tant que tel t’échappera toujours.

Tu ne pourras jamais le com-prendre.

L’autre, pour toi, restera toujours autre.

Ce n’est que l’amour qui pourra le rejoindre là où il est,

parce que dans l’amour, tout autre que toute raison,

il t’a déjà aimé, rejoint, avant même que tu l’aies aimé.

Ce n’est que l’amour qui est universel, au-delà de tout.

C’est le tout en tout. Rien n’est comme lui.

Il n’est même pas universel.

L’amour n’est pas l’universel, il est au-delà, au-dessus et au-dessous.

L’amour est tout-autre ; il ne se laisse pas dé-finir ; il n’a pas de fin.

C’est lui ton Dieu ; et il est unique.

Quand tu diras « c’est lui », il a déjà passé.

Il est comme l’eau ; mais il n’est pas l’eau.

Il est comme le vent ; mais il n’est pas le vent.

Il est comme la lumière ; mais il n’est pas la lumière.

Il est comme la nuit ; mais il n’est pas la nuit.

Il est comme le ciel ; mais il n’est pas le ciel.

Il est comme la terre ; mais il n’est pas la terre.

Devant lui, tu n’es rien, pour lui, tu es tout.

Tu pourras aussi dire « c’est elle ».

Père et Mère.

Et tu aimeras comme toi-même celui et celle qui est comme toi.

Tu aimeras comme toi-même celui et celle en qui tu te reconnais.

Ce que tu n’aimes pas en toi et chez toi, on ne te demande pas de l’aimer chez l’autre.

L’autre, tu l’aimeras seulement de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force,

par tous les moyens dont tu disposes.

Frère et sœur.

Et c’est ainsi que tu aimeras toi-même.

Un famille au-delà de toute famille.

Armin Kressmann 2014

Et si Dieu était le clown ?

La conversion de Paul (Christophe Senft)

Christophe Senft, Jésus de Nazareth et Paul de Tarse, Labor et Fides, Genève 1985, p. 63ss

Deux sources d’information : les lettres de Paul et le livre des Actes.

Luc dispose-t-il d’un carnet de route de Paul ou d’un de ses compagnons ?

Luc a lui-même composé les discours de ses héros.

La conversion de Paul nous mène au centre de sa théologie (Ac 9).

Ce qui est en cause dans l’événement, c’est le coeur même du judaïsme : la loi de Moïse et la question de la justice de l’homme devant Dieu.

Paul le pharisien,

avant sa conversion : image d’un Jésus transgresseur de la la Loi et séducteur des foules

après sa conversion : il a constamment mis la mort de Jésus en relation avec le problème … du rôle de la Loi … L’idée traditionnelle de la mort expiatoire … cesse chez lui d’occuper le premier plan.

Un changement radical dans la manière de comprendre la Loi.

Galates / Philippiens 3

Paul est allé au bout du judaïsme et constate … que se fut une réussite complète.

Pourquoi alors une conversion ?

La réussite parfaite de son effort l’a en fait coupé de Dieu (Philippiens 3,7-9).

Une transformation radicale de la perspective.

Paul a compris que l’homme ne vit ni de ce qu’il est … ni de ce qu’il fait : pratique irréprochable de la Loi, mais de ce que Dieu donne.

Paul a reconnu que sa perfection religieuse le séparait de Dieu.

Jésus, pour le pharisien Paul, était le transgresseur frappé à juste titre au nom de la Loi et par la Loi ; il est maintenant pour lui le Christ qui lui dévoile la perversité de sa perfection, qui l’a libéré de la Loi qui engendre inévitablement cette perfection pervertie. Il lui a donné la vraie connaissance de Dieu : Dieu de l’amour inconditionnel et gratuit.