Vade Mecum et déontologie pastorale (EERV Église évangélique réformée du canton de Vaud)

Vade mecumVoici le vade mecum de Wilfred Monod

… voici donc sa déontologie, ce qu’il dit sur le devoir professionnel du pasteur.

… Nous sommes dans sa succession apostolique …

Voici ce qui m’accompagne tous les jours, et partout …

la semaine, le dimanche, avec la bible évidemment,

mon vade mecum

un Moleskine

où je note ce que je reçois, ce qui m’advient,

ce que je comprends, et ce que je ne comprends pas,

ce que je dois faire,

ce qui me passe par le tête, et ce qui me guide,

mes devoirs … donc ma déontologie

Je la partage, avec qui le veut,

en sélectionnant ce qui me semble valable pour être partagé,

sur mes différents sites Internet … ici, ou sur ethikos.ch, Facebook et ailleurs encore

(voilà donc une longueur d’avance que nous avons sur Wilfred Monod,

mais, quand je vois tout ce qui passe sur « Facebook » par exemple,

je doute que nous en profitions vraiment).

Maintenant, qui dit ce que je dois faire, qui le définit,

qui dit comment je dois faire ce que j’ai à faire,

comme pasteur évangélique réformée ?

Qui définit notre déontologie, l’art de notre métier ?

Ni moi, … ni eux … (le conseil synodal, le synode, l’Église, etc.) …

mais, c’est à nous (je suis en colloque ministériel quand je prononce ces paroles) de le faire, ensemble …

Le juste lieu, le lieu adéquat pour définir nos devoirs, professionnels,

est l’Association des pasteurs et des diacres de notre Église, l’APD

… c’est nous, c’est le corps …. …

… voici la première difficulté … pasteurEs et diacres, quel corps ?

Ma profession est pasteur,

ma fonction est ministre de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud,

plus spécifiquement, actuellement en paroisse, au SOL, d’où ma présence ici,

jusqu’à l’année passée en aumônerie spécialisée

C’est au corps professionnel que revient la tâche de définir sa déontologie,

non pas au ministres,

mais aux pasteurEs d’un côté, aux diacres de l’autre …

Et je pense qu’un certain nombre des difficultés que nous avons concernant le dossier de la « Théologie des ministères » vient du fait

que nous n’avons, jusqu’à présent, pas de déontologie professionnelle,

les pasteurEs d’un côté, les diacres de l’autre …

Conséquence est, – et c’est toujours comme ça quand un corps professionnel ne fait pas ses devoirs -, que c’est l’institution, l’employeur, qui définit ce que nous devons faire.

Mais l’institution n’a rien à dire sur notre profession,

seulement sur la fonction, donc le ministère …

L’hôpital engage des médecins, leur demande de soigner

et de guérir, là où c’est possible,

mais ne dit pas quand et comment il faut opérer …

C’est l’Académie des Sciences médicales qui définit cela …

Où est notre Académie, où est-elle,

en ce moment où la faculté et l’Université prennent congé de l’Église ?

J’ai interpellé l’APD, son comité, son assemblée,

qui ne se sont actuellement pas vus en mesure de faire, concernant ce dossier,

de faire … leurs devoirs,

mais ils m’ont invités à me lancer

et ont considéré le résultat, que je leur ai soumis,

comme « très intéressant » …

Alors, en tant que professionnel,

je fais mes devoirs …

… et je vous les soumets …

… et … je dois vous avouer, que je me fiche un peu …

que vous les trouviez intéressants, ou pas intéressants,

parce que j’ai Wilfred Monod

… et mon Molskine … et ma bible … évidemment …

Armin Kressmann 2014

Déontologie pastorale, une proposition (Armin Kressmann, EERV Église évangélique réformée du canton de Vaud)

Pour une déontologie1 pastorale2

1 PasteurE est une profession.

1.1 Profession veut dire et vocation (appel, « Berufung » ; « que voulons-nous professer ? ») et métier (professionnalisme, « Beruf »).

1.2 La vocation de pasteurE3 est de proclamer l’Évangile, en paroles et en actes (dont, mais pas exclusivement, les sacrements et tout ce qui est sacramentel et rituel).

1.2.1 « Dieu pour toi. »4

1.2.2 C’est ce qui fait la spécificité de sa profession ; elle en fait un ministère5.

1.3 Ce que la société civile, dans le canton de Vaud (Suisse) à travers sa Constitution, en faisant appel au professionnalisme des intervenants, notamment en aumônerie, indique par « la contribution des Eglises et communautés religieuses au lien social et à la transmission de valeurs fondamentales » (article 169).

1.4 Le professionnalisme du pastorat réside dans les compétences techniques en herméneutique, l’articulation entre la compréhension des situations concrètes, notamment à travers les outils de la philosophie et des sciences humaines, et l’exégèse biblique. Cependant, pour le pasteur en tant que théologien, l’enjeu principal n’est pas ce qu’Abraham, Moïse ou Jésus ont fait ou dit, mais ce qu’ils feraient et diraient aujourd’hui dans la situation dont il s’agit ici et maintenant.

2 Dans la vie, dans le travail, dans une situation concrète, pour le pasteur, ce n’est pas la bible qui compte, mais le « je » professionnel après avoir étudié et la situation et la bible. Ce n’est pas Dieu qui compte, mais le « je » devant Dieu.

2.1 L’outil de travail principal du pasteur est sa personne.

2.1.1 Il engage sa personne pour le bien de ses contemporains.

2.1.1.1 Ce qui est bien, il le cherche en communauté d’Église et dans le dialogue et la confrontation avec la pensée du monde.

2.2 Il respecte et défend les droits de l’homme.

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