Matthieu 5,3-12

Matthieu 5,3-12 Les « Béatitudes » – Préliminaires : « Non, le malheureux n’est pas heureux ! »

Déclarer ou désigner ces personnes heureuses ou bienheureuses ne peut qu’être invitation, mise en marche, motivation pour aller ailleurs, sortir, renaître

vers un réalité autre, celle qu’on appelle règne ou royaume de Dieu,

promesse qui devient projet.

Il y a projet pour vous,

projet de vie qui n’attend que de se réaliser,

de s’inscrire dans l’histoire du salut,

votre histoire et celle de ce que nous appelons Église ;

davantage, quand il y a inscription dans une histoire collective,

et seulement en ce moment-là,

il y a cette réalité que nous appelons Église.

Matthieu 4,12-23 – « Quand le père, en son fils, suit son fils – Il délaisse sa patrie, la cathédrale » (commentaire)

Matthieu 4,12-23, le texte (TOB)

Matthieu 4,12-23 – « Quand le père, en son fils, suit son fils – Il délaisse sa patrie, la cathédrale » ; notes exégétiques et pistes homilétiques (commentaire)

« Aux confins de … » (P. Bonnard), « aux frontières » (A. Chouraqui), donc l’entre-deux, ce qui nous renvoie aujourd’hui au contexte interreligieux qui est notamment celui du Sud-Ouest lausannois, avec la différence, suite à l’universalisme du message de Jésus (« toute maladies et toute infirmité » du v. 23, « les foules » v. 23-25, puis le sermon sur la montagne qui suit), que ce qui à l’époque pouvait être compris comme polémique est maintenant interpellation, au-delà du « simple » œcuménisme. Aussi, comme à l’époque, le contexte n’est pas seulement religieux, mais, que ça plaise ou non, aussi politique.

Jésus « quitte, abandonne Nazareth » (« zurücklassen, verlassen »), il laisse, « il abandonne sa patrie » (TOB) et se retire dans un contexte interreligieux pour y accomplir le début de son ministère.

Luc 2,1-20(21) « Pour Dieu tout enfant est légitime, quoi qui soit arrivé à lui ou à sa maman »

Luc 2,1-20 ; le texte (TOB)

Luc 2,1-20(21) « Pour Dieu tout enfant est légitime, quoi qui soit arrivé à lui ou à sa maman » ; notes exégétiques et homilétiques (commentaire)

« La réalisation de soi, « le salut », est une réalisation de l’enfant qui naît en nous ; vivre est faire naître l’enfant en nous. Le lieu en est la mangeoire, la crèche de toute la création. Cependant, le chemin passe par le Christ (messie ; « laissez venir les enfants à moi »), la croix et la résurrection (et non l’Église). »

Matthieu 3,1-12(13)

Matthieu 3,1-12, le texte (TOB)

Matthieu 3,1-12(13) – « Se tourner vers le règne de Dieu » ou « Le baptême qui dépasse le baptême  » (commentaire)

Dans le désert, en retrait ; aussi le désert de loi, un lieu où règne une autre loi que la loi positive instituée. Mais c’est ici que le baptiste appelle à la conversion vers celui qui rend caduque la loi, ce qu’il signifie par l’exigence de la soumission à cette loi à travers le baptême. En découle la nécessité d’une réflexion sur le baptême des enfants et des adultes, le premier étant un baptême sans loi, seulement possible en Christ (Dieu lui-même !) ayant déjà rendu caduque la loi, le second par le même passage symbolique que celui qu’a aussi pris ce même Christ. On pourrait maintenant argumenter dans les deux sens, en insistant sur le baptême des adultes en disant que ce n’est qu’à travers la soumission que l’accès au sujet croyant n’est possible ou, au contraire, défendre le baptême des enfants en disant que tout baptême cherchant une nouvelle soumission, donc ce qu’on attendrait du baptême des adultes, ne viserait rien d’autre que la reproduction du sacrifice, la soumission, déjà accompli par le Christ. Dans cette deuxième vision, tout baptême, aussi celui des adultes, ne serait que baptême d’enfant, vision soutenue par l’exigence de « devenir comme les enfants » (Mt 18,3 où d’ailleurs il y a aussi l’invitation forte de « changer »). La vraie conversion ne serait donc pas celle qui se tourne vers le Christ adulte, mais celle qui se tourne vers cet enfant en nous-mêmes qui se remet entièrement au Christ, une confiance en nous-mêmes, non pas en notre autonomie, mais la pleine conscience de notre hétéronomie, notre (inter)dépendance de l’autre. Cette perspective est soutenue par la construction de cette partie de l’évangile, l’appel par Jean, le baptême de Jésus et les tentations. Ces dernières rendent explicite la tentation à laquelle est exposé le sujet autonome rendu libre par la soumission au baptême et qui se croit maintenant adulte (dans la foi).