Devant l’impuissance – Confession du péché et de la foi (prière ; avec des jeunes)

Je reconnais,

ici devant toi, Seigneur, notre Dieu,

devant mes collègues, les jeunes (et leurs familles),

je le reconnais devant les miens,

il y a des réalités dans ma vie qui me paralysent ;

il y a des moments où je ne sais plus agir et réagir,

où je panique et je ne sais plus quoi faire.

Parfois, je me sens impuissant,

devant certaines situations je le suis aussi,

démuni, je perds mes repères et mes moyens …

Quand les autres se moquent de moi,

quand je ne sais pas répondre aux exigences et aux attentes qu’on m’adresse,

quand la situation nous dépasse tous,

quand je vois du mal, mais, par peur ou paresse n’ose pas le dénoncer et le combattre,

quand je subis moi-même des injustices,

quand je n’ai plus la force pour tenir bon,

tout simplement quand je n’y arrive plus …

Alors, c’est là où j’ai besoin des autres, …

de ma famille,

de mes amis,

de toute personne qui est là, en ce moment …

Oui, Seigneur, j’ai besoin de toi,

. nous …. avons besoin de toi,

devant tout ce qui dans notre vie

et dans ce monde nous semble insurmontable …

Nous admettons devant toi et devant nos amis

que nous avons besoin les uns des autres

et que, tous et toutes, nous avons besoin de toi,

de l’amour qui vient de toi,

de ta force,

ta patience,

ta bienveillance,

de tout ce que nous voulons traduire en bienveillance et soucis

portés les uns à l’égard des autres,

tel que Jésus l’a fait.

Nous voulons dire à nos amis,

à nos frères et nos sœurs, à nos parents,

aux personnes qui nous entourent :

Oui, nous avons besoin de vous

et nous voulons aussi tout faire, pour que vous puissiez compter sur nous.

Nous voulons donner tout ce que nous pouvons donner.

Nous voulons nous porter les uns les autres,

être disciple de ce Jésus qui a donné sa vie pour autrui.

Et nous y arrivons aussi,

si toi, Seigneur, notre Dieu,

Père …

nous accordes

ton pardon, quand nous faisons du mal,

ta force, quand nous échouons,

ton courage, quand nous désespérons,

ta paix, quand nous paniquons.

Aides-nous !

Amen

Le salut comme acte créateur – Esaïe 55 – Dimanche 25 septembre, 10h, temple de Saint-Martin, Vevey

En vue du culte d’offrande de la retraite paroissiale de Vevey, dimanche 25 septembre, 10h au temple de Saint-Martin :

Esaïe 55 (Es 55) – Le salut comme acte créateur (commentaire, notes exégétiques et homilétiques)

Pour le culte, une peinture, un seul tableau (même format que dans l’atelier pour adultes de la veille) comme œuvre collective des enfants ; nous travaillerons avec des Neocolors. Texte biblique Esaïe 55,6-13.

Message aux enfants, dans le culte :

Dans la première partie du message, avant de sortir avec les enfants, lecture d’Esaïe 55,1-3a(3b-5)6-9 et introduction à l’aventure à vivre : le salut comme acte créateur

Chant et départ des enfants pour animation picturale dans la crypte

Travail sur la peinture, à partir du texte, une « co-création » dans et avec l’Esprit de Dieu, nous laisser inspirer, devenir co-créateurs avec Dieu, une forme de prière picturale.

Retour avec les enfants dans le culte, deuxième partie du message,
lecture Esaïe 55,8-11 ; avec une animation où nous arroserons le tableau (prévoir échelle et arrosoir) …

Perspective christologique avec Luc 19,10 : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Jubilation Esaïe 55,12-13

Luc 10,1-9 (11) – Lc 10,1-9 Prédication « Quand paix rencontre paix il y a Règne de Dieu » (Armin Kressmann, EERV Cathédrale de Lausanne 3.7.16)

Exégèse Luc 10,1-10(11)

Chers amis,

« Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord :

‘Paix, … paix à cette maison.’ »

Paix … à cette maison,

paix à notre planète,

à notre monde,

à notre pays,

à notre Église,

paix à vous,

à vous tous …

Paix entre les religions,

entre les Églises,

et les confessions,

paix dans l’Église,

…. aussi dans la nôtre,

… en ce moment … surtout dans la nôtre …

Paix entre nos familles,

et dans nos familles,

dans nos villages et dans nos quartiers …


Paix à ce monde, paix à cette maison …

Tout le monde, ou presque, le dit et le répète,

tout le monde le souhaite …

Tout le monde est touché,

– ils sont 72 envoyés, bâtisseurs de paix, envoyés par le Seigneur,

72, c’est-à-dire le nombre des nations du monde dans la pensée biblique …

Toutes les nations ont été touchées,

sont touchées,

tout le monde l’a entendu,

tout le monde le souhaite …

Pourquoi cela ne marche pas ?


Pourquoi, Seigneur, la guerre …, toujours et encore,

les armes, la violence,

la haine,

l’incompréhension,

la division,

les conflits …

… même en Église,

dans notre Église ?


Chers amis,

faisons-nous partie des 72,

des ouvriers ou moteurs, promoteurs de paix ?

Ou, de l’autre côté, quand un des 72 nous adresse la paix,

la paix du Christ,

faisons-nous partie de ceux et celles que Jésus appelle fils et filles de paix

et recevons-nous en tant que tels

la bénédiction qui nous est offerte ?


Pourquoi cela ne marche pas, pourquoi cela ne marche pas ?

Seigneur, pourquoi ?


« Mais dans quelque ville que vous entriez et où l’on ne vous accueillera pas,

sortez sur les places et dites :

‘Même la poussière de votre ville qui s’est collé à nos pieds,

nous l’essuyons pour vous la rendre.

Pourtant, sachez-le : le Règne de Dieu est arrivé.’ »

Il semble que Jésus lui-même était conscient des limites de sa mission …

… et la croix … a été le prix a payer …

Sa croix, pas la nôtre !


Alors, chers amis,

qu’est-ce que nous n’avons pas compris ?

La paix est là, elle nous précède,

et, semble-t-il, nous n’arrivons pas à l’accueillir.

Accueillir la paix ?

La paix, qu’est-ce que c’est,

une réalité réelle, quantifiable, abstraite, spirituelle ?


Ah voilà, regardez la paix,

elle est là,

elle est gratuite,

combien vous en voulez-vous ? …

… peu, beaucoup …

un petit bout, ça vous suffit,

ah vous, … vous voulez tout,

et les autres, ne reste plus rien pour eux …

Pensez aux autres, s.v.p. …


Revenons donc au texte.

La moisson est grande …

et les ouvriers sont peu nombreux …

– à qui le dites-vous –

… peu nombreux pour « aller là où il devait aller lui-même »

pour aller « devant lui, devant sa face … devant ses faces … »

La face du disciple devant la face du maître …

la face de l’autre – présence réelle du maître,

dans le face-à-face entre paix et paix,

paix donnée et paix reçue …

Accorder et recevoir la paix est une question de rencontre

dans un face-à-face qui assume le dépouillement, la nudité du disciple :

« Devant toi je suis démuni,

je n’ai pas de bourse, pas de sac, pas de sandale,

je me remets à toi, tel que je suis,

à toi, tel que tu es …

Ce n’est pas l’argent, ni tout autre bien

qui nous permettrait de faire la paix,

c’est moi, juste moi, nu, impuissant devant toi …

Si toi, dans ton impuissance

… impuissance devant cette exigence de faire la paix,

tu te remets à moi,

toi, aussi dépouillé que moi,

toi, tel que tu es,

le Règne de Dieu qui s’est approché de nous

se manifeste dans cette rencontre même,

sans que nous ayons quelques chose à faire,

ni toi, ni moi.

Mais, si tu ne me reçois pas,

tel que je suis, avec mes multiples facettes,

je perds une peu de ma face,

l’une ou l’autre de mes facettes

qui nous aurait peut-être permis de nous enrichir mutuellement,

et ainsi ce Règne de Dieu qui est règne de paix

n’a pas de chance de se manifester,

de devenir visible, tangible …

ce Règne qui est déjà là,

avant nous, en nous,

ce Règne qui nous précède

en ce que nous sommes,

toi et moi. »


Chers amis,

quand nous nous regardons, les uns face aux autres,

est-ce que nous voyons un reflet du visage du Christ,

… la face de celui qui nous devance,

et,

en son amour qu’il a porté à l’égard des siens,

– dont nous faisons partie -,

l’amour du Père lui-même,

l’amour inconditionnel …

… cet amour qui se remet à l’autre,

entièrement, à son jugement,

qui remet sa personne et son destin à l’autre,

sans défense,

et qui assume les conséquences de son impuissance ?


Tu aimeras l’autre dans son altérité.

Il n’est pas seulement différent, il est autre ; autre que différent.

Tu l’aimeras de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force.

Tu le feras de toute ta personne, de ton âme et de ta pensée.

Tu accepteras qu’il t’échappera toujours, en tant que tel.

Tu ne pourras jamais le com-prendre,

le prendre avec toi, entièrement, tel qu’il est … profondément.

L’autre, pour toi, restera toujours autre …

comme l’amour est autre, tout-autre ;

il ne se laisse pas dé-finir ; il n’a pas de fin.

C’est lui ton Dieu ; et il est unique.

Ton prochain, celui et celle qui est comme toi, tu l’aimeras juste comme toi-même.

Tu aimeras comme toi-même celui et celle en qui tu te reconnais.

Ce que tu n’aimes pas en toi et chez toi,

on ne te demande pas de l’aimer chez l’autre.

L’autre, tu l’aimeras seulement de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force …

C’est ainsi que tu aimeras toi-même,

aussi et surtout dans ton altérité,

en ce que tu n’aimes pas chez toi-même.

Je sais que tu est spécial,

nous le sommes tous,

semblants, différents, même autres …

Tu es spécial, comme moi,

et tu fais partie de notre famille,

de ma famille,

famille au-delà de toute famille,

famille de celui que nous appelons, nous, les chrétiens,

Jésus Christ.

Amen

Apocalypse Marc 13,24-27 (Mc 13,24-27) – Paris, vendredi 13 novembre 2015 – « Dieu humain »

Prédication du dimanche 15 novembre, 10h à L’Etivaz, Pays d’Enhaut, commune de Château d’Oex (Suisse) :

Avant-hier soir, 21h37 sur les réseaux sociaux

Tirs à la Kalashnikov au petit Cambodge dans le 10 ème à #Paris plusieurs morts. Secours et police sur place #tir

21h50

Plusieurs internautes faisaient état sur Twitter de coups de feu dans le 10 e arrondissement, à Paris. Un journaliste de Libération a confirmé l’information

Plus d’informations dans quelques instants.

22h

Selon la chaîne française I>Télé, parallèlement aux tirs entendus dans le 10e arrondissement, des explosions ont eu lieu dans une brasserie près du stade de France en Seine Saint Denis. François Hollande aurait été exfiltré. 

Aucun détail n’a pour l’instant été confirmé par les autorités.

22h15

Une autre fusillade serait en cours rue Charonne.

22h30

L’Agence France Presse précise qu’il était impossible dans l’immédiat de vérifier les informations des témoins auprès des services de police.

22h35

Hollande se rend au ministère de l’Intérieur pour (citation) «faire le point sur la situation»

Je vous invite à faire un moment de silence …

(silence) …

La liste des lectures bibliques de notre Église propose pour aujourd’hui, dimanche 15 novembre 2015,

– avant-dernier dimanche de l’année liturgique, donc de l’année de l’Église,

l’année de l’Église commence avec le premier dimanche de l’Avent -,

cette liste propose donc la lecture d’un passage du chapitre treize de l’évangile selon Marc.

Ce chapitre, nous l’appelons « petite apocalypse de Marc ».

Avant la lecture de ce passage, écoutons un extrait du livre de Daniel, parole à laquelle Jésus fait référence.

Ensuite, un passage de la lettre aux Hébreux, qui nous rappelle notre vraie patrie comme chrétiens … elle est céleste.

Daniel 7,13-14

Hébreux 11,7-16

Marc 13,24-27

« Quand vous verrez l’Abominable Dévastateur, l’horreur dévastatrice, installé là où il ne faut pas …,

dit Jésus dans son discours qu’il adresse à ses disciples, juste avant le passage que nous avons entendu …

Ces jours-là seront des jours de détresse …

Et si le Seigneur n’avait pas abrégé ces jours, personne n’aurait la vie sauve …

De faux messies et de faux prophètes se lèveront et feront des signes et des prodiges pour égarer, si possible, même les élus.

Vous donc, prenez garde, je vous ai prévenus … » (Mc 13,14ss passim)

Apo-calypse – dé-voilement, ré-vélation, dé-couverte …

Nous voici, cher amis, rassemblés en Église,

peuple de Dieu en marche avec son Seigneur,

dans un monde qui se déchiré,

comme à l’époque d’Esaïe, auquel Jésus fait référence,

la prise de Samarie,

la déportation de ses habitants

la fin du royaume du Nord, la chute d’Israël …

comme à l’époque de Daniel, que Jésus cite aussi,

la soumission de la Palestine aux Grecs, suite aux conquêtes d’Alexandre,

la profanation du temple,

des révoltes des Juifs

comme à l’époque de Jésus lui-même …

dans son pays, occupé par les Romains.

Apo-calypse – dévoilement, révélation, découverte …

Qu’est-ce qui se dévoile ?

Qu’est-ce qui est dévoilé ?

Pour les uns, tout cela est de la volonté de Dieu,

qui nous invite par là à revenir à Lui, à sa Loi,

donc une manifestation de sa puissance et de sa colère.

« La grande détresse », intitule la traduction oecuménique de la bible,

avant « La venue du Fils de l’homme ».

« En ces jours-là, après cette détresse,

au-delà de cette détresse, cette tribulation …

le soleil s’obscurcira …

alors on verra le Fils de l’homme venir, entouré de nués,

dans la plénitude de la puissance et dans la gloire …»

Et nous avons peur,

nous sommes terrifiés,

et il y en a qui disent que c’est la fin …

comme déjà à l’époque d’Esaïe,

à l’époque de Daniel,

à l’époque de Jésus lui-même …

Comme si le retour du Christ nécessitait la fin du monde comme création …

Comme si le retour du Christ nécessitait aussi la destruction de tout ce qui nous est cher, de ce qui est bon, de ce qui a été voulu par Dieu …

« Prenez garde que personne ne vous égare … »

Jésus prononce son discours apocalyptique juste avant le complot monté contre lui par les prêtres et les scribes,

avant sa passion,

la trahison par Juda,

l’arrestation, le procès, la condamnation et la crucifixion.

Il parle de la puissance de Dieu au moment où il assume pleinement la violence humaine ; il s’y soumet, là où tout le monde attendrait qu’il se batte …

cela devrait nous faire réfléchir …

Nous attendons de Dieu qu’il combatte la violence par la violence,

… et c’est ainsi que nous lisons l’apocalypse à contresens.

Nous sommes tentés de voir dans l’abomination, l’horreur, la détresse humaine et la dévastation un signe de la colère de Dieu,

et finalement, nous ne voyons plus ce qui est écrit et dit

dans le passage de l’évangile de ce jour :

«  … on verra le Fils de l’homme venir, entouré de nués,

dans la plénitude de la puissance et dans la gloire … »

Le Fils de l’homme !

L’homme, en toute son humanité,

Dieu humain,

Dieu qui ne se prend pas pour Dieu,

mais qui se charge de notre humanité …

Le Fils de l’homme n’est pas un surhomme,

un super-héro,

mais l’être humain par excellence,

porteur de tout ce qui nous fait humain,

au meilleur sens du terme …

de ce qui est bien,

en chacun et chacune de nous,

et c’est ça qui se révèle,

– c’est ça la promesse de la venue du Fils de l’homme,

la promesse du retour du Christ -,

c’est ça qui se révèle quand horreur il y a,

non pas dans et par l’horreur,

mais dans et par notre manière de répondre et de réagir à l’horreur,

par l’humanité dont nous témoignons quand horreur il y a,

l’humanité à l’égard de ceux et celles qui subissent l’inhumanité de l’horreur et de l’abomination.

Devant le tribunal, quand le grand-prêtre demande à Jésus :

« Es-tu le Fils du Dieu béni … ? »

Jésus lui répond :

« Moi, je suis ; et vous verrez le Fils de l’homme

siégeant à la droite du Tout-puissant et venant avec les nuées du ciel. »,

… les mêmes paroles que celles de notre texte.

Quand le prêtre le pousse à s’identifier avec Dieu,

Jésus ne tombe pas dans le piège

et renvoie … à l’humanité de Dieu.

Cher amis,

soyons humains, comme le Christ a été humain,

quand le monde, les horreurs du monde,

nous tente à nous identifier avec la toute-puissance de Dieu.

Ce n’est que l’humanité des humains

qui peut contrer l’Abominable Dévastateur.

Salomon, le grand Salomon, fils de David, dont le nom veut dire « paix, bien-être, sûreté, solidité, plénitude »,

Salomon, dans son livre de Sagesse, dit :

« Je suis moi aussi un homme mortel, égal à tous, descendant du premier qui fut modelé de terre.

Dans le ventre d’une mère, j’étais sculpté en chair, durant dix mois, ayant pris consistance dans le sang à partir d’une semence d’homme et du plaisir qui accompagne le sommeil.

Moi, aussi, dès ma naissance, j’ai aspiré l’air qui nous est commun et je suis tombé sur la terre où l’on souffre pareillement : comme pour tous, mon premier cri fut des pleurs. J’ai été élevé dans les langes, au milieu des soucis.

Aucun roi n’a débuté autrement dans l’existence.

Pour tous, il n’y a qu’une façon d’entrer dans la vie comme d’en sortir. »

Être humain, suite au Christ, humain comme lui,

compatissant, empathique, miséricordieux …

et c’est ainsi que revient le Fils de l’homme dans la plénitude de la puissance et dans la gloire …

… et c’est ainsi qu’il rassemble les siens,

les élus, ceux et celles qui sont voués à la paix …

Amen